Un globe, qu’il soit virtuel ou matériel, est souvent un excellent activateur de voyage imaginaire, dans la réalité comme dans la fiction. On trouve un exemple avec l’usage de Google Maps dans le roman Netherland de Joseph O’Neil. Un plan très court du film L’auberge espagnole de Cédric Klapisch montre comment un globe terrestre de table sert à anticiper un séjour à l’étranger.
Un ami de son père travaillant au Ministère des Finances à Bercy a conseillé à Xavier, étudiant en économie, de faire un séjour à l’étranger. Apprendre une deuxième langue devrait faciliter son recrutement au Ministère. Xavier s’est renseigné. Il peut candidater au programme Erasmus de son université pour effectuer un séjour à Barcelone. Il hésite à partir et à laisser sa famille et sa petite amie pendant un an. Alors que sa mère le saoule à propos de son alimentation, Xavier décide d’utiliser un globe …
Il le fait tourner et l’arrête en pointant sa destination : España ! Le plan de ce globe aux couleurs de l’Espagne ne dure pas deux secondes. Il ne s’agit pas d »exploration mais d’action : Xavier a décidé de partir et il met son projet à exécution. Comme si la rotation du globe enclenchait le mouvement de Xavier, le projetait sur les lieux et lançait le film. Du projet à la projection, pourrait-on dire, même si un globe ne nécessite pas,par définition, de projection cartographique.
C’est la seul apparition d’un globe dans ce film par ailleurs très géographique, comme souvent chez Klapisch (voir Casse-tête chinois ou Ni pour ni contre (bien au contraire)) à la fois par les géodispositifs, cartes ou systèmes de navigation qu’il met en scène et par son intérêt récurrent pour les logiques et perceptions des espaces de la ville.
L’Auberge espagnole aborde plus spécifiquement les relations entre local et global, individu et collectif, particulier et universel. Le globe centré sur l’Espagne donne à voir l’Europe, programme Erasmus oblige. Et le doigt de Xavier pointe sur Barcelone, le lieu où vont converger pour un an tous les habitants européens de la colocation : le français Xavier (et son amoureuse Martine), l’Anglaise Wendy et son frère William, l’Italien Alessandro, l’Espagnole Soledad, le Danois Lars et l’Allemand Tobias, auxquels se joindront plus épisodiquement les Français Anne-Sophie et Jean-Michel (et aussi l’Américain Bruce). Même si sa présence à l’écran est furtive, le globe symbolise la logique spatiale centripète du film et la matérialisation dans la Barcelone (catalane) de l’idée d’une communauté européenne qui serait celle des individus et non plus seulement des États.
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A globe, whether virtual or physical, can be a powerful spark for imaginary travel, in both reality and fiction. An example of this can be found in Joseph O’Neil’s novel Netherland, which features Google Maps. A brief scene in Cédric Klapisch’s film L’auberge espagnole shows how a tabletop globe can serve to trigger a trip abroad.
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- Work Title/Titre de l’œuvre : L’Auberge espagnole
- Author/Auteur : Cédric Klapisch
- Year/Année : 2002
- Field/Domaine : Cinéma
- Type : Comédie
- Edition/Production : multiple
- Language/Langue : fr
- Geographical location/localisation géographique : Paris, Barcelone
- Remarks/Notes:
- Machinery/Dispositif : Globe
- Location in work/localisation dans l’oeuvre :
- Geographical location/localisation géographique : Europe
- Remarks/Notes :







